Les premiers résultats du recensement exhaustif à Mayotte : 323 200 habitants au 1er janvier 2026
Après plus d’un an de travail intense en partenariat entre l’Insee et les communes de Mayotte, les premiers résultats du recensement exhaustif de la population réalisé après le passage du cyclone Chido sont disponibles. Au 1er janvier 2026, 323 153 habitants résident à Mayotte. La population augmente très fortement : +26 % par rapport à septembre 2017, date du précédent recensement exhaustif. Elle double même par rapport à 2002. Aucune commune ne perd d’habitants mais toutes ne croissent pas au même rythme.
Le dynamisme de la population de Mayotte s’explique toujours par un solde naturel fortement excédentaire : le nombre de naissances reste très élevé sur l’île, les décès peu nombreux. Au contraire, le solde migratoire redeviendrait légèrement négatif, comme entre 2002 et 2012 sous l’effet, en particulier, des départs d’habitants vers l’Hexagone ou La Réunion.
Ce chiffre de population repose sur des fondements solides. Il est conforté par l’examen de différentes sources externes, notamment le nombre d’élèves scolarisés et la consommation de denrées alimentaires.
La prochaine étape ? En fin d’année 2026, la publication du décret authentifiant les populations et la diffusion par l’Insee d’une première analyse détaillée sur la population et les logements grâce à l’exploitation des nombreuses informations collectées auprès de la population lors de ce recensement.
Après la réalisation de la cartographie des logements d’avril à août 2025, expertisée et validée par les communes, la collecte du recensement de la population auprès des habitants de Mayotte s’est déroulée du 27 novembre 2025 au 24 janvier 2026. Cette opération statistique de grande ampleur a été organisée et réalisée par les mairies avec l’appui et sous la responsabilité de l’Insee. Les communes ont recruté 700 agents recenseurs pour cette opération, formés, aidés et contrôlés par 75 coordonnateurs communaux. Ils ont été appuyés et encadrés par les équipes du Service régional de l’Insee à Mayotte, renforcées pour l’occasion (huit superviseurs et un membre de l’inspection générale de l’Insee en tant que chef de projet pour piloter cette opération) [Barlet et Kauffmann, 2025 et 2026].
La phase de post-collecte a ensuite débuté : vérifications en bureau et sur le terrain pour l’ensemble des communes, traitement des adresses non enquêtées et correction des anomalies.
L’ensemble de ces travaux, étalés sur plus d’un an, permet de diffuser ici le chiffre de la population municipale des 17 communes de l’île, et par conséquent de l’ensemble du département-région de Mayotte. Ce chiffre est exhaustif : le recensement concerne l’ensemble des habitants de Mayotte quelle que soit leur nationalité, qu’ils soient en situation régulière ou non sur le territoire [Seguin et alii, 2023].
La croissance de la population reste très forte à Mayotte
Au 1er janvier 2026, la population du département-région de Mayotte s’établit à 323 153 habitants. Elle augmente de 26 % par rapport à septembre 2017, date du précédent recensement exhaustif, soit 66 635 personnes supplémentaires. Elle double même par rapport à 2002 (figure 1).
Figure 1 – Évolution de la population et rythme annuel moyen de croissance à Mayotte depuis 1958

Source : Insee, Recensements de la population.
Entre 2017 et 2026, le nombre d’habitants à Mayotte augmente de 2,8 % en moyenne par an, soit de 8 000 habitants en moyenne chaque année. C’est bien davantage que dans tous les autres départements français : en Guyane, 2e département français à la croissance de la population la plus dynamique, le nombre d’habitants augmente entre 2017 et 2023 à un rythme moitié moindre qu’à Mayotte.
Le rythme annuel de hausse de la population à Mayotte entre 2017 et 2026 est toutefois moindre qu’entre 2012 et 2017 (+3,8 %). Il retrouve ainsi le rythme des périodes intercensitaires précédentes (+2,7 % entre 2007 et 2012 et +3,1 % entre 2002 et 2007) [Genay et Merceron, 2017].
La densité de population continue donc d’augmenter à Mayotte, de 690 habitants au km² en 2017 à 860 en 2026, dans un territoire où le logement collectif est quasi-absent : il ne concerne que 8 % des logements en 2024, avant le passage du cyclone Chido [Mekkaoui et Rivière, 2026]. La densité de population n’est plus élevée que dans cinq départements de l’Île-de-France, qui sont quant à eux fortement urbanisés, avec une part importante d’habitat collectif.
Entre 2017 et 2026, la hausse de la population est sensible dans toutes les communes de Mayotte, sauf à Tsingoni où la croissance est très faible et à Pamandzi dont le nombre d’habitants est stable [Insee, 2026]. Aucune commune ne perd d’habitants (c’était le cas de deux communes entre 2012 et 2017). Les hausses de population sont cependant très hétérogènes selon les communes (figure 2).
À Mamoudzou, la population continue de croître vivement : elle augmente de 23 170 habitants par rapport à 2017, soit de 2 780 habitants en moyenne par an entre 2017 et 2026 (+3,4 % par an, après +4,5 % entre 2012 et 2017). La population du chef-lieu atteint ainsi 94 600 habitants : trois habitants de Mayotte sur dix y résident. C’est la troisième ville la plus peuplée des départements et régions d’outre-mer (Drom) après Saint-Denis et Saint-Paul à La Réunion. Avec Koungou et les deux communes de Petite-Terre, la moitié de la population de Mayotte habite dans le quart nord-est de l’île.
C’est à l’Ouest que l’on trouve les trois communes dont la population croît le plus fortement entre 2017 et 2026 : Mtsamboro (+5,0 % en moyenne par an), M’Tsangamouji (+7,7 %), et surtout Chiconi (+8,6 %) où le nombre d’habitants double depuis 2017.
Dans la partie sud de l’île, se trouve la majorité des communes les moins peuplées de Mayotte. À Sada, Bandrele, Chirongui, Bouéni et Kani-Kéli, la population croît moins vite qu’en moyenne régionale. Elle augmente aussi moins rapidement qu’entre 2012 et 2017, sauf à Bouéni (+2,5 % par an entre 2017 et 2026 après -0,7 %).
Figure 2 – Population par commune et taux de croissance annuels moyens à Mayotte entre 2017 et 2026


Le solde naturel explique à lui seul la forte croissance de la population
La croissance de la population entre 2017 et 2026 s’explique uniquement par un solde naturel (différence entre les naissances et les décès) très positif (figure 3). Sur la période allant de septembre 2017 à fin 2025, l’excédent des naissances sur les décès s’élève à 73 200 personnes, soit 8 800 personnes supplémentaires en moyenne par an [Ah-Woane, 2026a]. Le solde naturel contribue ainsi à une hausse de la population de 3,1 % par an, quasiment du même ordre que sur la période 2012-2017 (3,3 % par an).
En effet, la natalité reste soutenue : 9 700 enfants sont nés en moyenne chaque année entre 2017 et 2025 de mères domiciliées sur l’île, contre 8 900 entre 2014 et 2017. Après avoir connu un rebond après la crise sanitaire (2021 et 2022), la natalité se stabilise à un niveau à peine plus bas qu’avant 2020 (figure 3). En outre, comme les années précédentes, les trois quarts des bébés nés à Mayotte en 2025 ont une mère étrangère, souvent comorienne.
Au contraire, les décès restent peu nombreux, en lien avec la jeunesse de la population : 900 en moyenne par an entre septembre 2017 et fin 2025.
Figure 3 – Évolution des naissances, des décès et du solde naturel à Mayotte entre 2014 et 2025

Source : Insee, statistiques et estimations d’état civil.
La légère inflexion de la croissance de la population entre 2017 et 2026 par rapport à la période 2012-2017 tient donc à l’érosion du solde migratoire apparent (figure 4). De légèrement positif entre 2012 et 2017, il devient légèrement négatif, comme cela était le cas sur les périodes intercensitaires précédentes. Ainsi, depuis 1997, les flux entrants et sortants se compensent globalement et jouent très peu sur l’évolution de la population.
Entre 2017 et 2026, avec 800 personnes en moins en moyenne par an, le solde migratoire apparent contribue donc négativement à la croissance de la population à Mayotte (à hauteur de -0,3 % par an).
Figure 4 – Croissance annuelle moyenne de la population à Mayotte et contributions des soldes naturels et migratoires

Lecture : à Mayotte, entre 2017 et 2026, la population augmente de 2,8 % en moyenne par an. Le solde naturel contribue pour 3,1 % à cette croissance, tandis que le solde migratoire apparent y contribue négativement pour -0,3 %.
Source : Insee, Recensements de la population.
Le solde migratoire apparent traduit des mouvements de différentes natures, les uns en lien avec les autres parties du territoire national, les autres en relation avec des pays étrangers. Le solde négatif enregistré à Mayotte traduit en premier lieu des sorties du territoire vers d’autres régions de France. Ce mouvement peut se capter « en miroir » au travers de deux types d’exploitations statistiques du recensement en continu sur le restant du territoire français. D’une part, le nombre de personnes nées à Mayotte et recensées dans d’autres départements s’établissait à un peu plus de 80 000 au 1er janvier 2023. D’autre part, ces données annuelles montrent qu’en moyenne, chaque année, 5 400 personnes déclarent avoir déménagé de Mayotte l’année précédente pour s’installer dans un autre département français, soit environ 32 000 personnes entre 2017 et 2023. En prolongeant cette tendance, cela représenterait 43 000 départs entre 2017 et 2025, sans compter les effets potentiels du cyclone Chido de décembre 2024.
Les personnes ayant déménagé chaque année depuis Mayotte résident dans toutes les régions françaises, mais plus particulièrement à La Réunion.
Parmi ces personnes, 32 % sont des mineurs et 18 % ont entre 18 et 20 ans. Cette population est donc composée notamment des nombreux étudiants de Mayotte partant poursuivre leurs études ailleurs sur le territoire français : 68 % des bacheliers de Mayotte ayant fait des vœux sur la plateforme Parcoursup en 2022 acceptent une proposition en dehors du territoire régional [Ramaye, 2025].
Ces mobilités se retrouvent également dans les flux de l’aéroport de Mayotte qui concentre l’essentiel des mouvements légaux, via les passagers commerciaux. Dans ces flux aéroportuaires, les sorties du territoire sont structurellement supérieures aux entrées, sauf en 2020, première année de la crise sanitaire de la Covid-19. En moyenne, chaque année entre 2018 et 2025, il y a 7 800 sorties de plus que les entrées, soit 62 400 personnes en moins sur huit ans.
Ces éléments laissent donc présager un solde migratoire continûment et fortement déficitaire vers les autres régions françaises, jusqu’après le passage du cyclone Chido. Le solde migratoire total n’étant que faiblement déficitaire, cela suggère que les flux migratoires avec l’étranger sont, eux, nettement excédentaires, avec des arrivées plus nombreuses que les départs. Les données de flux aériens ne le montrent pas à elles seules, ce qui vient corroborer le fait – bien documenté par ailleurs – qu’une importante partie des arrivées depuis l’étranger à Mayotte se font via la mer.
L’exploitation des informations collectées auprès des personnes recensées à Mayotte, prévue pour la fin 2026, permettra d’aller un cran plus loin dans l’analyse, en décomposant le solde migratoire sur l’île, mesuré entre septembre 2017 et le 1er janvier 2026, par lieu de naissance.
Au final, le fait que le solde migratoire n’ait qu’une contribution modeste, légèrement négative, sur l’évolution démographique de Mayotte masque des mouvements très différents de population : migrations vers d’autres régions françaises, arrivées depuis des pays étrangers.
Un chiffre de population bâti sur des fondements solides
Le chiffre de la population au 1er janvier 2026 à Mayotte repose sur des fondements solides : la cartographie des logements a été menée de façon exhaustive et elle a fait l’objet de plusieurs vérifications ; la communication faite autour de cette opération, relayée par les médias locaux avec en particulier la diffusion d’annonces en français et shimaoré à la télévision, a permis de sensibiliser l’ensemble des habitants à son importance. La collecte s’est bien déroulée, y compris dans l’habitat le plus précaire, et les communes dont la collecte était plus lente ont pu la mener à bien grâce aux délais supplémentaires qui leur ont été accordés. En particulier, ils ont permis de prendre en compte les personnes absentes du territoire pour les congés scolaires de fin d’année 2025. Au final, le taux de logements non enquêtés est très faible et plus bas que dans les autres territoires français (3 % contre 4 %) et les contrôles sur le terrain réalisés par l’Insee dans toutes les communes de l’île ont conforté le travail fait par les collectivités [Barlet et Kauffmann, 2025 et 2026].
L’exhaustivité et la qualité du recensement ont été obtenues grâce à la participation active des communes. Comme le prévoit la loi, ce sont les communes qui ont réalisé la collecte. Aucune d’entre elles n’avait intérêt à ne pas recenser un quartier ou un habitant, bien au contraire, puisque leur dotation globale de fonctionnement en dépend. Elles n’ont donc pas ménagé leurs efforts.
Par ailleurs, l’exploitation des quatre enquêtes annuelles de recensement qui se sont déroulées de 2021 à 2024 produit des chiffres concordants. Sur la base d’une extrapolation de la cinquième enquête non réalisée à cause du passage du cyclone Chido un mois avant son lancement, le cycle de recensement alors en cours aurait abouti à une population de 302 000 habitants en janvier 2023. Les deux méthodologies convergent donc.
Enfin, le chiffre de 323 153 habitants apparaît cohérent avec la natalité constatée sur l’île. L’indicateur conjoncturel de fécondité (ICF), qui est le nombre d’enfants qu’aurait une femme tout au long de sa vie dans les conditions de fécondité de l’année, est estimé à 3,5 enfants par femme en 2025 à Mayotte [Ah-Woane, 2026a]. Cet indicateur est calculé à partir des données de l’état civil et des estimations de population pour 2025 jusqu’alors fournies par l’Insee, qui s’avèrent au final très proches du résultat du recensement. Cet ICF est conforme à ce que l’on sait de la taille des familles à Mayotte en 2023 : une exploitation des quatre enquêtes annuelles de recensement menées de 2021 à 2024 montre que la moitié des familles a au moins 3 enfants et 29 % au moins 4 enfants [Ah-Woane, 2026b].
A contrario, si l’on supposait par exemple qu’il y a 400 000 habitants à Mayotte, alors en rapportant le nombre de naissances (qui est connu) au nombre de femmes aux âges de la maternité, l’ICF serait inférieur à 3 enfants. Ce résultat serait incohérent avec la taille observée des familles.
Un chiffre conforté par le nombre d’élèves scolarisés et la consommation de riz sur l’île
Les données relatives aux effectifs scolarisés dans les établissements d’enseignement à Mayotte et émanant du Rectorat corroborent également le niveau de la population. En octobre 2025, 117 960 élèves sont scolarisés dans les premier et second degrés dans l’académie de Mayotte dont 103 900 âgés de 3 à 15 ans, âge de scolarité obligatoire. Ce chiffre est inférieur de 5 800 à la population mesurée au recensement sur cette tranche d’âge.
Par ailleurs, la croissance des effectifs scolarisés est cohérente avec celle du nombre d’habitants (figure 5). En effet, le nombre d’élèves scolarisés augmente de 2,2 % en moyenne par an entre les rentrées 2017 et 2025, un rythme un peu inférieur à celui de l’ensemble de la population (+2,8 %). Entre les rentrées 2012 et 2017, le constat était similaire, avec une hausse des effectifs scolarisés de 3,1 %, légèrement inférieure à celle de la population (+3,8 %). Si cela avait été l’inverse, c’est-à-dire si le rythme de croissance du nombre d’enfants scolarisés avait été plus élevé que le rythme de croissance de la population, cela aurait pu constituer un indice que la croissance de la population totale est sous-évaluée ; mais tel n’est pas le cas, sur aucune des deux sous-périodes. De plus, on observe que le rythme de croissance des effectifs scolarisés se réduit entre 2012-2017 et 2017-2026, tout comme celui de l’ensemble de la population.
Figure 5 – Évolutions comparées des effectifs scolarisés dans les premier et second degrés et de l’ensemble de la population à Mayotte entre 2012 et 2025

Champ : effectifs scolarisés en octobre dans le public et le privé, hors dispositifs d’insertion et formations post-bac dispensées.
Sources : Rectorat de Mayotte, Base centrale de pilotage ; Insee, Recensements de la population.
Les données des Douanes relatives aux importations de riz confortent également le niveau de population. Depuis 2008, leur évolution s’inscrit en cohérence avec le rythme de croissance de la population (figure 6). La dynamique a été plus soutenue en 2025, en réponse au passage du cyclone Chido en décembre 2024, contraignant à accroître les importations (26 000 tonnes de riz importées, +15 % qu’en 2023 ou 2024).
Figure 6 – Évolutions comparées des imports de riz et de la population à Mayotte entre 2008 et 2025

Au-delà d’une éventuelle destruction des stocks chez les particuliers ou les professionnels, l’absence de production locale (notamment de manioc ou de bananes) sur les marchés a conduit les habitants à modifier leur consommation après le cyclone. En témoignent cette hausse de l’importation de riz en 2025 mais également les très fortes augmentations des importations de légumes ou fruits (frais, conserves et surgelés, secs : +50 % entre 2024 et 2025) et d’autres féculents (+68 %), dont du manioc de Madagascar. Ces reports de consommation vers des produits importés, notamment non frais, sont bien connus après les cyclones à La Réunion.
Avec ce niveau élevé d’importations, la consommation de riz s’élève à 82 kg par an et par personne en 2025, soit 225 grammes par jour et par personne (figure 7).
Figure 7 – Quantité de riz par jour et par personne en 2025 (cru et cuit)

Sur une année normale (avec le niveau d’importation moyen de 2023 ou 2024), la consommation de riz à Mayotte serait plutôt de 72 kg par an soit 197 grammes par jour et par personne. C’est 50 % de plus qu’à La Réunion (130 grammes par jour par personne), un niveau identique à celui estimé aux Comores et 30 % de moins qu’à Madagascar [World Bank Group, 2022].
Pour 2017, la consommation de riz à Mayotte est évaluée à 234 grammes par jour et par personne, soit 16 % de plus. Cette baisse de la consommation de riz est cohérente avec une certaine diversification de la consommation, notamment vers les autres féculents dont les importations augmentent bien plus vite (+90 % entre 2017 et 2024 contre +6 % pour le riz).
Si la population était de 400 000 habitants, la consommation de riz tomberait à 159 grammes par jour et par habitant et serait alors proche du niveau réunionnais. Cela semble peu crédible au vu des habitudes de consommation et du niveau de vie à Mayotte.
D’autres indicateurs ont été étudiés : nombre d’abonnements et consommation des foyers à l’électricité ou à l’eau, nombre de cartes téléphoniques SIM actives ou d’assurés sociaux. Ces nombres sont tous très inférieurs aux chiffres de population tirés du recensement, ce qui n’a rien de surprenant dans la mesure où ils ne couvrent pas l’ensemble de celle-ci. Ainsi, tous les logements ne sont pas raccordés au réseau électrique ou à celui de l’eau. En outre, leurs évolutions sont difficiles à interpréter car elles peuvent intégrer des changements dans les modes de consommation. Par exemple, dans le cas de l’électricité, le nombre de foyers abonnés augmente ; mais avec la lutte contre les raccordements illégaux, la part des ménages ayant accès à l’électricité dans leur logement recule [Mekkaoui et Rivière, 2026]. Ces indicateurs n’étant pas adaptés au suivi de la population, il est de peu d’intérêt de les comparer avec la mesure apportée par le recensement.
La prochaine étape ?
En fin d’année 2026 paraîtra le décret authentifiant la population par commune. En effet, le chiffre diffusé ici est celui de la population municipale. Il ne comprend pas la population « comptée à part » : les personnes dont la résidence habituelle est dans une autre commune mais qui gardent un lien de résidence avec la commune, notamment les étudiants ayant leur propre logement pour leurs études en dehors du territoire. Elles seront ajoutées à la population municipale pour former la population totale qui sert de base au calcul de la dotation globale de fonctionnement (avant ajout des majorations pour les résidences secondaires notamment) [Cnis, 2010].
L’Insee accompagnera cette diffusion d’une première publication décrivant des premiers éléments disponibles sur les caractéristiques des habitants et les logements de Mayotte : structure par âge, proportion des étrangers, part du bâti en tôle, etc. Autant d’indicateurs qui seront complétés par une série de publications plus détaillées en 2027 pour mieux comprendre les transformations socio-démographiques en cours sur le territoire. Ces informations seront utiles pour éclairer le débat public et appuyer la mise en œuvre des politiques d’accompagnement et d’aménagement du territoire.
Pour en savoir plus
- Insee, 2026, Population de Mayotte, juillet
- Mekkaoui J., Rivière J., 2026, « Enquête Logement à Mayotte 2023-2024 – Des conditions de logement toujours précaires à Mayotte, malgré quelques améliorations », Insee Analyses Mayotte n° 42, juin
- Barlet M., Kauffmann B., 2026, « Mayotte enfin comptée, et après ? », Le blog de l’Insee, février
- Ah-Woane M., 2026a, « Bilan démographique 2025 – Les naissances repartent légèrement à la hausse », Insee Flash Mayotte n° 204, février
- Ah-Woane M., 2026b, « Les familles à Mayotte en 2023 – Des familles monoparentales plus fréquentes », Insee Flash Mayotte n° 203, février
- Barlet M., Kauffmann B., 2025, « Carnet de bord d’une opération exceptionnelle : le recensement 2025 de Mayotte », Le blog de l’Insee, novembre
- Ramaye C., 2025, « Orientations et mobilités post-bac à Mayotte – Les élèves s’orientent plus qu’ailleurs vers un BTS et quittent très souvent l’île », Insee Analyses Mayotte n° 39, mai
- World Bank Group, 2022, « Vers la libéralisation de l’importation du riz ordinaire en union des Comores », janvier
- Genay V., Merceron S. 2017, « 256 500 habitants à Mayotte en 2017- La population augmente plus rapidement qu’avant », Insee Analyses Mayotte n° 15, décembre
- Cnis, 2010, « Des populations légales au calcul de la DGF »
- Seguin S. et alii, 2023, « À Mayotte, un recensement adapté à une population aux évolutions hors normes », Le blog de l’Insee, janvier
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