Ventiler le PIB national au niveau des régions, “façon puzzle”

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Mathilde Gerardin et Colette Héricher, Insee.
PIB régionaux

Calculer des produits intérieurs bruts (PIB) régionaux répond à une obligation européenne et à des attentes locales. Pour y parvenir, la valeur ajoutée nationale est ventilée entre régions en fonction des salaires versés dans les établissements. En effet, l’absence de compte au niveau des établissements nécessite de faire des hypothèses sur la répartition de la valeur ajoutée des entreprises ayant des établissements dans plusieurs régions. Cette difficulté à localiser la valeur ajoutée est d’autant plus grande que le territoire est petit, invitant ainsi à considérer avec prudence toute ventilation sur des pièces du puzzle national.

Malgré des limites inhérentes à leur construction et aux données disponibles, les PIB régionaux constituent une information utile pour appréhender les régions.[LIRE L'ARTICLE]

Termes de l’échange et revenu intérieur réel : mesurer le pouvoir d’achat de la nation

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L’inflation dans sa diversité (2/2)

Victor Amoureux, Nicolas Carnot et Thomas Laurent, Insee.
échange


Aujourd’hui, en France, les prix des produits importés, notamment les produits énergétiques, augmentent bien davantage que les prix de nos exportations. De ce fait, les termes de l’échange, c’est-à-dire le rapport entre les prix des exportations et les prix des importations, diminuent. Par le passé, les termes de l’échange ont pu varier fortement, souvent en lien avec les prix de l’énergie. Pour en apprécier les conséquences, il est intéressant de mesurer un « revenu intérieur réel ». Cette notion complète de façon utile l’indicateur usuel de croissance du PIB (produit intérieur brut) en volume en ce qu’elle permet de suivre l’évolution du pouvoir d’achat de la nation.… [LIRE L'ARTICLE]

Ce que nous enseignent les déflateurs en comptabilité nationale

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L’inflation dans sa diversité (1/2)

Victor Amoureux, Nicolas Carnot et Thomas Laurent, Insee.
Ce que nous enseignent les déflateurs en comptabilité nationale - L’inflation dans sa diversité (1/2)

Pour mesurer les tensions inflationnistes dans l’économie, l’Insee collecte des prix à différents niveaux de la chaîne de valeur, depuis le stade de la production jusqu’à celui de la consommation, donnant ainsi naissance à plusieurs familles d’indices de prix. Une autre façon d’appréhender les évolutions de prix se fonde sur la comptabilité nationale et les rapports entre valeurs et volumes. Avantage majeur par rapport aux différents indices de prix, les déflateurs, nés des équilibres ressources-emplois, constituent un système cohérent où les prix sont reliés entre eux. On peut ainsi expliquer les évolutions du prix du PIB par celui de ses composants côté offre (production et importations) ou côté demande (consommation, investissement et exportations).[LIRE L'ARTICLE]

Hausse généralisée des prix à la production : signe avant-coureur de nouvelles tensions inflationnistes ?

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Camille Carré, Insee
tensions inflationnistes

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Publiés chaque mois par l’Insee, les indices de prix à la production (IPP) mesurent les variations des prix en « sortie de ferme » ou en « sortie d’usine ». Les IPP constituent un indicateur important pour analyser la conjoncture économique en raison de leurs hausses marquées depuis plusieurs mois. Dans l’agriculture, les prix de production progressent depuis 2021, d’abord dopés par les céréales puis par les autres produits. Dans l’industrie, les hausses sont inédites depuis 25 ans, à la fois par leur niveau et leur durée. L’envolée du cours des matières premières et des prix de l’énergie en sont à l’origine : en mars 2022, les prix des produits des industries extractives, énergie et eau sur le marché français augmentent de 57,5 % sur un an.[LIRE L'ARTICLE]

Indice des prix à la consommation vs indice des prix harmonisé au niveau européen : santé et énergie font la différence

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Aurélien Daubaire, Insee

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Depuis sa création, l’Insee calcule l’indice des prix à la consommation (IPC) sur lequel se fonde la mesure de l’inflation. Dans les années 1990, en vue de l’intégration monétaire, les pays européens ont défini un indice harmonisé, à champ et concepts identiques pour tous les pays. L’Insee calcule ainsi également l’indice des prix à la consommation dit « harmonisé » (IPCH). Celui-ci sert de référence pour mesurer l’inflation de la zone euro par exemple, il est notamment utilisé par la Banque centrale européenne. Les écarts entre les deux mesures de l’inflation s’expliquent par les différences de périmètre, notamment sur les biens et services de santé.

Le plus souvent très proches, l’indice des prix à la consommation (IPC) et l’indice des prix dit harmonisé (IPCH) se sont davantage écartés en 2021, avec une évolution sur un an de + 2,8 % pour l’IPC et + 3,4 % pour l’IPCH en décembre, soit un écart de 0,6 point.… [LIRE L'ARTICLE]

Tourism: when Google searches and Airbnb reviews come to the statistician’s rescue

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Pierre Girard, Insee

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Essential for France, Tourism is driven by both national and international customers. This activity came to a halt during the first lockdown in March 2020, then fluctuated sharply due to travel’s restrictions. For the tourism sector, as for others, official statistics have evolved and enriched their tools to monitor activity during this period. Taxes and employee data were used to assess the recovery of activity in establishments in spring 2020. However, in order to monitor tourist activity as closely as possible, Insee is now working on privately held data – PHD – such as credit card payments, comments on platforms for booking overnight stays, or even Internet searches.… [LIRE L'ARTICLE]

Tourisme : quand recherches Google et avis Airbnb viennent à la rescousse du statisticien

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Pierre Girard, Insee

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Capitale pour la France, l’activité touristique est portée à la fois par la clientèle nationale et la clientèle internationale. Cette activité s’est arrêtée net lors du premier confinement en mars 2020, puis a subi de fortes fluctuations au gré des restrictions de déplacement. Pour le secteur touristique comme pour d’autres, la statistique publique a fait évoluer et a enrichi ses outils pour être en mesure de suivre l’activité pendant cette période. Les données de TVA et celles sur les salariés ont permis d’évaluer la reprise de l’activité dans les établissements au printemps 2020. Mais, pour suivre l’activité touristique au plus près, l’Insee travaille désormais sur des données privées, qu’il s’agisse des paiements par carte bancaire, des commentaires sur les plateformes de réservation de nuitées ou encore des recherches internet.[LIRE L'ARTICLE]

Dans quelle mesure les administrations publiques contribuent-elles à la production nationale ?

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Nicolas Carnot, Étienne Debauche, Insee

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Parmi les questions que soulève le poids des dépenses publiques dans l’économie (plus de 55 % du PIB en France en 2019) figure celle de la contribution qui est effectivement apportée par les administrations à la production annuelle de richesses. Deux erreurs possibles d’interprétation doivent à cet égard être signalées. La première serait d’inférer que la majorité de la production nationale proviendrait des administrations publiques. La seconde, à l’inverse, serait de considérer que les administrations ne font que redistribuer, pour plus de la moitié donc, des ressources qui seraient uniquement créées par les agents privés. La réalité réside entre ces deux extrêmes. Les administrations publiques « produisent par elles-mêmes » près d’un cinquième de la valeur ajoutée nationale.[LIRE L'ARTICLE]

L’arithmétique de la crise : bien comprendre les chiffres de croissance en temps de Covid-19

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Julien Pouget, Insee

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Entre le printemps 2020 et l’été 2021, la crise du Covid-19 a entraîné de manière totalement exogène des mouvements économiques très soudains et d’une ampleur inouïe. Pour rendre compte au mieux de cette situation inédite, l’Insee a dû rapidement adapter ses méthodes de suivi conjoncturel. En particulier, et notamment au cours des confinements, c’est l’estimation du niveau « instantané » de l’activité qui a été privilégiée, davantage que ses évolutions au trimestre le trimestre. Au moment où le PIB français revient peu ou prou à son niveau d’avant-crise, ce billet donne quelques clés pour bien interpréter les chiffres phares dont la publication ponctue l’analyse conjoncturelle.

Au début de la crise : estimer le niveau « instantané » de l’activité économique

Quand, en temps normal, les taux de croissance trimestriels puis annuels suffisent à résumer les évolutions conjoncturelles de l’activité, la soudaineté et l’ampleur de la crise ont conduit en 2020 l’Insee à resserrer la fréquence de ses analyses en les centrant sur l’estimation en temps quasi-réel du niveau « instantané » du PIB.… [LIRE L'ARTICLE]

Comment s’est réparti le coût macroéconomique de la crise sanitaire ?

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Nicolas Carnot, Insee

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La crise sanitaire semble rebattre les cartes de l’économie. La publication par l’Insee des comptes de la Nation est l’occasion de revenir sur les grandes évolutions de l’an passé et d’éclairer des questions très présentes dans la discussion publique : quelle a été la perte de revenu national entraînée par la pandémie et qui a porté celle-ci ? Dans quelle mesure cette perte a-t-elle « déjà été payée » par le recul de la consommation ? Quel regard porter sur les évolutions de l’épargne et de l’investissement ?

Entre 2019 et 2020, le revenu national a diminué de plus de 150 Md€, soit un recul de 6,3 %. Ce chiffre est la contrepartie en valeur monétaire du recul du PIB en volume (-7,9 %).… [LIRE L'ARTICLE]

Ma région ? C’est l’Essentiel !

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Hugo Camille, Nathalie Couleaud, Stéphane Durand, Frédéric Minodier, Gérard Moreau et Caroline Roux, Insee

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La nouvelle carte régionale de la France fête son cinquième anniversaire. Pour rendre compte au mieux de la spécificité de chacune des 18 régions qui la composent, l’Insee en a réalisé une présentation simple mais néanmoins détaillée. Suivez le guide de ces Essentiels régionaux disponibles sur insee.fr.

Depuis le 1er janvier 2016, la France compte 18 régions, dont 13 en France métropolitaine et 5 en Outre-mer. Chacune possède une identité propre, à commencer par celle ressentie par ses habitants.

Mais quelle est cette identité vue au travers de la démographie, de l’économie et des indicateurs sociaux ?… [LIRE L'ARTICLE]

Santé, éducation, services administratifs :
la difficile mesure des activités non marchandes en temps de crise sanitaire

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Guillaume Houriez, Insee

Pour mesurer la baisse d’activité liée à la crise sanitaire, les comptables trimestriels et plus largement l’ensemble des statisticiens produisant des indicateurs conjoncturels ont dû rapidement adapter leurs méthodes et recourir à des données nouvelles lorsque la collecte des données habituelles faisait défaut. De façon générale, ces adaptations rendues nécessaires ont temporairement affecté la comparabilité des résultats d’un pays à l’autre.
Une partie des activités entrant dans le calcul du PIB mérite une attention particulière. Il s’agit des services non marchands produits par les administrations publiques, tels que la santé, l’éducation ou les services administratifs. En effet, ces services qui n’avaient jamais été affectés, ou de façon marginale, par les crises antérieures, n’ont pas été épargnés cette fois-ci par la crise sanitaire.[LIRE L'ARTICLE]

Autour et au-delà du PIB : nouvelles questions pour la comptabilité nationale, nouvelles pistes de réponse

Temps de lecture : 9 minutes

Didier Blanchet, direction des Études et Synthèses économiques (Insee)

PIB vert, PIB ressenti

Deux articles de ce blog ont déjà abordé la question de savoir comment lire et faire parler le PIB, en période de croissance « normale » comme dans le contexte totalement inédit de la crise en cours. Trois nouvelles publications de l’Insee offrent un tour d’horizon plus complet des questions qui se posent à la comptabilité nationale, à la fois « autour » et « au-delà » du PIB. « Autour » quand il s’agit de questionner sa capacité à toujours bien remplir ses deux missions traditionnelles de suivi de la production et des revenus au niveau macroéconomique. « Au-delà » quand il s’agit d’élargir à d’autres dimensions du bien-être, d’y intégrer la prise en compte des inégalités, et d’ouvrir davantage la comptabilité nationale aux problématiques environnementales.[LIRE L'ARTICLE]

Nouvelles données pour suivre la conjoncture économique pendant la crise sanitaire :
quelles avancées ? quelles suites ?

Temps de lecture : 7 minutes

Julien Pouget, direction des Études et Synthèses économiques, Insee

Transactions par carte bancaire, données de caisse, activations des réseaux de téléphonie mobile, consommation d’électricité, requêtes sur les moteurs de recherche… : les nouvelles sources de données massives et à haute fréquence issues de l’économie numérique ont-elles vocation à supplanter les enquêtes et sources administratives qui servent au suivi conjoncturel et à l’élaboration des comptes nationaux ? Cette thèse est parfois avancée et la crise peut sembler l’avoir renforcée. Ces sources se sont effectivement avérées très utiles au cours des derniers mois : elles ont permis de répondre à un besoin d’informations plus immédiates qu’à l’habitude, dans un contexte où la collecte de certaines données usuelles s’est trouvée en partie empêchée.[LIRE L'ARTICLE]

Les interactions au sein de l’économie à la loupe : le modèle Avionic

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Alexandre Bourgeois et François Limousin, Insee, Antonin Briand, Dares (à l’Insee lors de la création du modèle)


L’Insee vient de mettre en ligne le code de son modèle Avionic. Outil d’analyse des interdépendances sectorielles nationales et internationales, il est fondé sur le tableau entrées-sorties des comptes nationaux. Ces interdépendances vont jouer un grand rôle dans la dynamique de la reprise économique. Ce type d’outil peut aussi servir à des analyses plus structurelles. C’est ainsi que l’Insee l’avait déjà mobilisé en 2019 pour évaluer la part du « made in France » dans la consommation des ménages.

« Lorsque le bâtiment va, tout va ». Cet adage ne traduit pas tant que la construction est à l’origine de la bonne santé d’une économie mais le fait que l’activité des uns entraîne celle des autres.… [LIRE L'ARTICLE]

– X % de quoi ?
Quelle mesure de l’activité pendant la crise, quelle(s) mesure(s) pour l’après-crise

Temps de lecture : 17 minutes

Didier Blanchet, Insee


La crise sanitaire a constitué un choc sans précédent pour l’activité économique, qu’on peut voir sous deux angles : des pertes de revenu et la crainte de destructions d’emplois pour le court et le moyen terme ; mais aussi la perspective d’un monde d’après dans lequel la croissance repartirait sous une forme plus équilibrée et plus durable, tel est du moins un espoir souvent exprimé. Comment ces deux points de vue du « pendant » et de « l’après » peuvent-ils faire évoluer le débat sur le principal outil de quantification de cette croissance, le produit intérieur brut, et plus généralement l’ensemble de la comptabilité nationale ? Si la crise donne un nouveau relief à certaines des critiques dont il est habituellement l’objet, elle donne en même temps de nouvelles raisons de le défendre.[LIRE L'ARTICLE]

Recul inattendu du PIB français au dernier trimestre 2019 : les grèves n’expliquent sans doute pas tout

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Julien Pouget, Insee

Au quatrième trimestre 2019, le produit intérieur brut (PIB) français a marqué le pas de façon inattendue (– 0,1 % en première estimation). En particulier, la production manufacturière a chuté en décembre. Mais cette chute n’est pas propre à la France : l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne ont aussi vu leur production se replier fortement, davantage que ce que suggéraient les enquêtes de conjoncture. Il est donc difficile d’attribuer la baisse de la production manufacturière française aux seules grèves, même si celles-ci ont pesé sur l’économie.

Le quatrième trimestre 2019 a surpris les conjoncturistes, y compris ceux de l’Insee. Bien peu avaient anticipé un recul du PIB français (– 0,1 % selon la première estimation des comptes nationaux trimestriels).… [LIRE L'ARTICLE]

La comptabilité nationale face aux défis du numérique et de la mondialisation : comment continuer à bien faire parler le PIB ?

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Didier Blanchet, direction des Études et Synthèses économiques (Insee)

Il y a un peu plus de dix ans qu’a été rendu le rapport de la commission sur la mesure de la performance économique et du progrès social, plus connue du nom de ses trois co-présidents : Joseph Stiglitz, Amartya Sen et Jean-Paul Fitoussi. Ce rapport a poussé à beaucoup élargir la batterie d’indicateurs mis en avant par les instituts de statistique, mais sans contester l’utilité du Produit intérieur brut en tant que mesure de la production. Or celle-ci est à son tour mise en doute. Le PIB rend-il bien compte de ce que « produit » l’économie numérique ? La notion de produit « intérieur » reste-t-elle viable avec des chaînes de production de plus en plus internationalisées ?[LIRE L'ARTICLE]